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Attention spoiler !

Centurilien :

Soldat qui a prêté allégeance à l'ordre Centurile. En général, les très jeunes centuriliens sont des Candides* âgés de dix cycles, et nés (ou adoptés) de soldats gradés, comme ce fut le cas pour Ferki Suares dont le père a été décoré de la médaille d’honneur de la Centurile lors de son départ à la retraite. Les centuriliens se distinguent par le tatouage qu'ils portent sur le torse représentant un V inversé au-dessus d'une tête de mort ou d'un animal. Ils portent une chaine avec une plaque dorée qu'ils gardent toujours autour du cou, où leur nom et grade y sont gravés. Leur imposante stature, leur crâne rasé et la couleur sombre de leur peau, mais aussi leur vœu de chasteté, les démarquent également des autres habitants de La Conjonction. Quand des centuriliens brisent leur serment à l'ordre Centurile, ils deviennent le plus souvent des mercenaires en contrat avec de riches particuliers. Durant sa nuit passionnée avec Daïsen Kulit Hazul, Ferki Suares rompit définitivement le pacte qui le retenait encore à son ancienne vie de soldat dévoué à La Conjonction d'Onis.


Un serment embarrassant

(...) Il reconnut la mère de Rayan, se rendant compte à ce moment précis qu’il ne lui avait jamais demandé son nom. Il se força à lui parler malgré l’épuisement : 
« Comment vous appelez-vous ? Il continua en prenant le bol, je ne vous connais pas, pourtant votre fils est si familier avec moi. » 
L’Abakienne se figea. 
« Pardonnez mon fils, dit-elle d’une voix tendue. Mais rassurez-vous, ce n’est pas moi qui le pousse à vous idolâtrer à ce point, vous n’êtes qu’un centurilien, après tout. » 
Elle déposa le bol dans les mains de Ferki qui se brûla avec les éclaboussures. Il prit le temps de placer le petit récipient sur le sol de mousse, et lui saisit ses douces mains froides.
« Je ne voulais pas vous vexer, dit-il embarrassé. Après quelques secondes d’hésitation, il ajouta, je suis brutal, pardonnez-moi. J'ai intégré l'ordre Centurile à mon dixième cycle, et accepté par cet acte de foi le serment d'ascétisme. » 
Il lâcha les mains glacées de l’Abakienne qui manqua tomber en arrière tant elle s’était raidie. Tous les deux, confus, se mirent à regarder le bol renversé. Les yeux de Ferki s'attardèrent ensuite sur le pan de la robe bleue de Bekky Liz qui était en partie déchirée, puis remarqua seulement à ce moment-là qu'elle était pieds nus.
« J’apprécie beaucoup Rayan, et j’aurais aimé avoir le temps de mieux vous connaître tous les deux, déclara Ferki la voix tremblante, quel est votre nom ? 
– Bekky Liz Sembor », annonça-t-elle d'un air triste en s’éloignant rapidement, une main agrippée sur la nuque de Rayan qui protestait. Ferki les regarda se diriger vers le feu, autant surpris par ce nom que par son désir inhabituel de vouloir lier connaissance. Troublé, il entreprit de défaire son attelle comme pour se donner une contenance. Quelques instants après, il entendit un léger craquement. (...)

Extrait Livre I : Abak - Chapitre 6 : Un cantique dans la verdure.