Faire le bon choix...

PREMIÈRE PARTIE

Les Lumières d’Abak
                   

        

CHAPITRE II


ATTERRISSAGE FORCE


Dylal Darchez regarda disparaître le dernier module dans la lumière verte de Kambar. L’implacable décision prise par Ferki Suares l’avait abasourdi comme tous les autres rescapés. Il vit dans le reflet du large hublot le centurilien se diriger vers la cabine de pilotage automatique. Il comprit alors que Ferki s’apprêtait – comme il l’avait promis – à recalculer de nouvelles coordonnées.
« Pensez-vous pouvoir piloter vous-même la navette ? » demanda Dylal, dont la voix brisée trahissait une vive émotion.
Il avait rejoint des passagers qui s’étaient regroupés devant la minuscule cabine de pilotage, observant le centurilien déjà affairé à ses calculs. Ferki ne répondit pas.
« Nous allons bientôt rejoindre les autres sur Kambar », murmura un rescapé.
Ferki surveillait sur l’unique écran la descente de la dernière navette d’un œil redoutable, où un minuscule altimètre radar le renseignait de sa position exacte. Il sentait le poids des regards pleins d’espoir peser sur lui, et Dylal, voyant le centurilien se raidir, invita le petit attroupement à regagner leurs fauteuils pour le laisser se concentrer.
Tous les passagers ressentirent l’impatience du centurilien comme un mauvais présage. Ferki se tourna vers eux, et ordonna de boucler leurs ceintures. Dylal l’interrogea du regard, mais le centurilien l’ignorait. Soudain une alarme retentit dans toute la navette, et la voix si enjouée de l’ordi-annonceur devint grave et métallique : « Dernière modification. Veuillez entrer le transcode pour procédure d’orientation assistée. » Chacun retint sa respiration quand la navette se mit à dévier de sa trajectoire et à s’incliner brusquement. Cramponnés aux bras des fauteuils, ils se mirent tous à hurler. Dans la cabine, Ferki s’agrippait aux deux manettes de commande manuelle, les tirants de toutes ses forces vers lui ; la navette réagit, au grand soulagement de Dylal.
« Avez-vous le code ? Nous allons nous écraser sur Kambar sans le code », cria-t-il au centurilien.
Ferki fixait le petit écran devant lui, cherchant lui aussi la réponse. Sans lâcher les manettes d’une seule main, il réduisit avec l’autre le taux de descente et actionna la sortie du trépied d’atterrissage, puis se tourna vers le groupe :
« Accrochez-vous, je vais essayer de me poser en catastrophe », annonça-t-il d’une voix grave.
Plus Kambar grossissait à travers les hublots, plus la pression dans l’habitacle s’amplifiait, et l’alarme résonnait toujours.
Dylal détacha sa ceinture, sous les regards incrédules des autres condamnés. Malgré les jambes alourdies par la pression grandissante, il rejoignit le centurilien, proposant son aide d’un regard déterminé. Ferki le dévisagea, ruisselant, puis finit par dire au jeune Abakien au doux visage glabre :
« Faites-les entrer dans le sas d’accès aux modules, et refermez derrière vous. »
C’est alors qu’une lumière vive s’engouffra à travers tous les hublots du vaisseau. La peau et les vêtements de chaque passager prirent une teinte verte. La pression devint très forte. Dylal restait prostré devant Ferki, ne sachant que faire. Il sursauta au contact de la main massive du centurilien qui le secouait. Le regard noir, Ferki lui cria, l’autre main bien cramponnée aux manettes :
« On va tous y rester, et cette fois-ci ce sera pour de bon, si vous ne m’obéissez pas, Dylal ! »

Les fantômes du passé

(...) Il frotta ses mains gantées sur la neige durcie pour faire apparaître l'acier lisse et noire de la coque. Il sentit alors la poignée du sas d'accès de la soute ; il l'enclencha machinalement, et fut stupéfait en voyant le sas s'ouvrir. Il faisait sombre à l'intérieur ; les hublots gelés étaient fissurés, le cuir des fauteuils était craquelé, les instruments de mesures rongés par le froid étaient désormais inutilisables. Il régnait un silence sépulcral dans l'immense habitacle de glace. Ferki remarqua seulement à ce moment-là que les plaintes avaient cessé dès son entrée dans la soute du vaisseau. Il était penché sur le tableau de bord du cockpit quand il sentit un souffle glacé sur sa nuque. Une main se posa sur la fourrure qui le recouvrait toujours. Ferki sursauta, avant de se retourner lentement. Son visage se contracta, ses yeux se révulsèrent et sa bouche s'ouvrit sans qu'il fut capable d'émettre le moindre son. Il laissa tomber la fourrure sur le sol gelé en découvrant devant l'entrée du cockpit des Véraces aux visages figés. Leurs regards étaient inexpressifs et leurs corps, aux bras ballants, étaient recouverts d'une peau pourrissante. Quelques lambeaux de tunique étaient collés sur leurs chairs putréfiées. Ferki était coincé contre le tableau de bord, sans pouvoir reculer, saisit par la peur.
 « Pitié ! » 
Les plaintes reprirent, et cette fois-ci, le centurilien identifia leurs provenances. C'étaient les longs cris déchirants des Véraces qu'il avait tués avec sa troupe sur l'aire d'atterrissage de Pan-Aium. Maintenant, ils étaient là, face à lui, implorant sa clémence tout en avançant le pas lent et les bras décharnés tendus dans sa direction. Le premier mort se mit à l'agripper de ses mains osseuses. Ferki se mit à hurler si fort que la glace qui recouvrait le tableau de bord craqua, traçant de longues fissures. Il sentait les doigts secs déchirer sa chemise, pour atteindre sa peau. Les écorchures le faisaient atrocement souffrir au contact de l'air vif et glacée. Malgré le dégoût qu'il éprouva, Ferki saisit les poignets squelettiques, et réussit à se libérer de l'emprise du Vérace en décomposition. Il fonça dans le groupe resté à l'entrée du cockpit, et tenta de se frayer un passage parmi les bras et les doigts aux os saillants qui cherchaient à le retenir. Hors d'haleine, il réussit à se défaire de leur emprise, et se précipita vers la soute, mais à chaque recoin, dans chaque fauteuil, il voyait apparaître des Véraces avancer vers lui. Des cadavres d'hommes, de femmes, mais aussi d'enfants se levaient, les bras gangrenés et tendus, près à l'agripper sur son passage. 
« Pitié ! » 
Ferki n'en pouvait plus. Il se débattait, haletant, repoussant l'étreinte funèbre des morts-vivants qu'étaient devenus les Véraces massacrés et abandonnés sur le tarmac de Pan-Aium. Enfin, la clarté éblouissante de la lune apparut à l'entrée de la soute. Il s'y précipita, s'arrachant aux derniers doigts qui lui griffaient le cou, puis il sauta hors de la soute. La lumière vive de la lune l'éblouit dès qu'il posa les pieds sur le sol de glace. Les mains sur les yeux, il avança dans la neige à tâtons, craignant que les morts ne le suivent hors du vaisseau. Sans se retourner, il se mit à courir dans la neige compacte. Il trébucha plusieurs fois, se releva en titubant, et s’éloigna le plus vite possible. Tremblant de peur et de froid, il courut jusqu'à un amas de roches éboulées pour s'y cacher et reprendre ses esprits. A l'abri de la lumière aveuglante, Ferki observait le paysage devant lui. Aux pieds des montagnes, Osalype se tenait toujours, massive et sombre dans la neige immaculée. Le sas était resté ouvert, et les Véraces sortaient les uns après les autres pour se tenir raide debout dans la neige. Ils tournaient sur eux-mêmes, désorientés et le regard vague. Ferki sentit les larmes couler sur ses joues devenues brûlantes.


Extrait Livre III : Les Vaisseaux-Monde - Chapitre 3 : Une porte s'ouvre

Au commencement...

PROLOGUE 



   Conjonction d'Onis, cycle 347. 
   Le vaisseau ravitailleur E-10-S sortit enfin de la noirceur du cosmos. Le lanceur commença aussitôt la phase orbitale du placement de la navette, où la troupe de centuriliens se tenait cachée prête à débarquer sur la planète Erames, la deuxième planète la plus massive du système Onis, après la planète Abak. 
   « Eh ! Herman, c'est pas le moment de rêver », cria Ferki Suares à son jeune lieutenant qui observait le paysage d'un air pensif à travers l'écran virtuel de sa visière. 
   Agrippé à son icronde – programmée en mode silencieux après avoir décollé d'Upsaïs V12 – le lieutenant Ralder S. Herman admirait les lacs immenses qui s'étendaient à perte de vue. Il était frappé par les couleurs chatoyantes de vagues hésitant entre des reflets rougeâtres ou orange, et qui ondoyaient dans le vent. Il ne prit pas la peine de répondre à l’interpellation de son chef à peine plus âgé que lui, et continua son observation, attendant l'ordre fatidique : prendre d'assaut la plateforme Adoleumifère de la société abakienne : la Pan Service Limited. L’assemblage de cette impressionnante structure avait été réalisé sur la terre ferme, la plateforme achevée fut ensuite transportée sur des embarcations géantes jusqu’au site. La conception de l'armature porteuse avait dû tenir compte des contraintes spécifiques liées au milieu naturel d'Erames comme les marées, les tempêtes, les courants ou les risques de corrosion liés à cet environnement, mais aussi au risque sismique, sans oublier les créatures féroces qui grouillaient dans ses lacs. Des émeutes avaient été provoquées par un groupe d'ouvriers, inspirées de celles qui avaient été lancées par deux Abakiens, les frères Ducan, Ellon et Bela, durant le cycle 317. L'un, Ellon, avait formé la dissidence sur la planète Dorium, l'autre, Bela, avait comploté sur Abak. La société avait le monopole sur l'extraction d'adoleum, une huile minérale de couleur rouge dont les composants d'origines organiques constituaient la principale source d'énergie utilisée dans tout le système Onisien.(...)


 Extrait Prologue

Des produits interdits...

(...) L’attroupement des curieux venus contempler le corps étendu sur la chaussée s’éclipsa dès l’arrivée du service de Stabilité. Les quelques voisins qui avaient prévenu les secours restèrent dans l’allée pour répondre aux médiateurs arrivés rapidement sur place. 
Rayan assista en direct à l’évacuation de sa mère qui, selon les commentaires des badauds, s’était évanouie à quelques pas de chez elle. Il quitta la Plurimédiathèque, abandonnant ses collègues à leurs études pour se précipiter aux Urgences de Dorium. 
Le garçon présenta sa carte d’assimilation à l’automate de sécurité avant de se ruer à l’accueil, où il implora une hôtesse pour qu’elle lui donne des nouvelles de sa mère. L’hôtesse considéra un moment le garçon, puis d’un air écœuré, pointa du doigt le sas d’accès au service des Toxisons. Rayan, abasourdi de savoir sa mère dans ce genre d’endroit, se laissa tomber dans un des sièges de la salle d’attente. Il l’imagina inanimée, entourée d’ordinateurs-sanitaires affairés à lui appliquer le lourd sevrage des Toxiques. Il s’en voulait terriblement de l’avoir laissée seule si longtemps. Recroquevillé sur son siège, Rayan attendit qu’on lui donne des nouvelles sous le regard méfiant de l’hôtesse. Enfin un ordinateur-sanitaire vint l’informer : sa mère avait survécu au sevrage, et on l’avait aussitôt envoyée au centre des Détoxiqués. 
Avant de rentrer dans leur appartement, Rayan regarda l’endroit où sa mère s’était évanouie. Il ne trouva personne, les voisins avaient regagné leur domicile après avoir été interviewés pour le prochain Informashow de Dorium. Le garçon posa sa main sur la poignée, et le sas d’accès de l’immeuble s’enclencha aussitôt, tandis qu’une voix chaleureuse lui souhaitait la bienvenue. Arrivé à l’étage de leur appartement, il sentit qu’on l’observait derrière chaque porte. Sur la sienne, il découvrit un graffiti représentant Bekky Liz Sembor en uniforme sanitaire, et s’injectant des produits interdits. Il entra et claqua la porte derrière lui d’un geste rageur ; c’est seulement à cet instant qu’il remarqua qu’elle avait déjà été déverrouillée. Il vit deux individus qui se tenaient dans la pièce des médias avec ses propres clavisks à la main, et qui le regardaient penauds. L’un d’eux avança vers lui tout en montrant une carte officielle.
« Notre présence est légale et respecte le quatrième Vœu », déclara l’individu sur un ton ferme.
 Il cita l’amendement, sûr de lui : « Il ne sera pas insultant au devoir des Onisiens d’être contraints de toute enquête ou saisie modérée concernant (...).


Extrait Livre II : Destruction et Renouveau - Chapitre 6 : Fuir de nouveau

Dans un ciel blanc, sans nuage, ni brume...

(...) La nuit était noire et sans étoile. La tempête s'était levée. Ferki se tenait immobile seul dans le vent glacial au milieu des épaves transformées en abri de fortune. Il entendit un nouveau murmure, non loin, mais cette fois-ci, il ne provenait pas de la voix faible d'Aleb Ducan qui était blotti dans ses pelisses près de ses fidèles. Ferki avança dans la neige épaisse, en écoutant le chuchotement ; il se mit à frissonner quand une bourrasque le saisit sur tout le corps. Retrouvant l'épave où il s'était réfugié avec Daïsen Kulit Hazul, il entreprit de récupérer la fourrure encore chaude de leur étreinte, puis, bien emmitouflé, il s'enfonça sans hésiter dans la tempête, bien décidé à identifier le mystérieux murmure.
Ferki marchait depuis longtemps. Le campement était loin maintenant, et avec la tempête devenue rugissante, il ne voyait pas à plus de cent points devant lui. Les bottes du centurilien s'enfonçaient dans la neige épaisse et collante, et il sentait que ses forces allaient bientôt l'abandonner. Mais, enfoui dans la fourrure où Daïsen Kulit Hazul avait laissé sa douce odeur de miel, il se laissait conduire par les cris de plus en plus distincts qui l'appelaient. 
Car, il en était persuadé, on l'appelait, là-bas, aux pieds des hautes montagnes immaculées. 
Bientôt, perdu dans la nuit froide et à bout de force, il distingua au moment où la tempête se calmait, une forme gigantesque devant lui perdue au milieu de nulle part. 
Et le jour se leva enfin. Les premières lueurs azurées firent leur apparition, offrant un instant de répit au centurilien épuisé. Il s'assit sur un rocher pris dans la glace, et admira la beauté de l'aube naissante pendant qu'il recouvrait ses forces. Les voix flottaient toujours dans l'air pur et glacial, mais elles étaient devenues suppliantes : 
« Pitié ! » 
Dans un ciel blanc, sans nuage, ni brume, le centurilien reconnu la forme qui se tenait aux pieds des montagnes. Osalype, le vaisseau affrété pour l'exil forcé des Véraces d'Abak, se tenait là, tel un prodigieux édifice abandonné loin de la civilisation. 
Et la piste d’atterrissage s’emplit d’une intense clameur qui se répercuta loin dans la nuit froide et étoilée de Pan-Aium : « Pitié ! » 
Ferki se leva, avança dans la neige, accompagné des longues plaintes qui l'avaient emmenées jusqu'au vaisseau. Les hautes montagnes barraient l’horizon et le ciel. Une grande partie d'Osalype était recouverte de neige entassée depuis l’alunissage. Ferki se demanda pourquoi le vaisseau s'était posé si près des montagnes. Peut-être qu'Aleb et ses derniers fidèles avaient voulu protéger leur étrange vaisseau, se dit-il. 
Il frotta ses mains gantées sur la neige durcie pour faire apparaître l'acier lisse et noire de la coque. Il sentit alors la poignée du sas d'accès de la soute ; il l'enclencha machinalement, et fut stupéfait en voyant le sas s'ouvrir. Il faisait sombre à l'intérieur ; les hublots gelés étaient fissurés, le cuir des fauteuils était craquelé, les instruments de mesures rongés par le froid étaient désormais inutilisables. Il régnait un silence sépulcral dans l'immense habitacle de glace. Ferki remarqua seulement à ce moment-là que les plaintes avaient cessé dès son entrée dans la soute du vaisseau. Il était penché sur le tableau de bord du cockpit quand il sentit un souffle glacé sur sa nuque. Une main se posa sur la fourrure qui le recouvrait toujours. Ferki sursauta, avant de se retourner lentement. Son visage se contracta, ses yeux se révulsèrent et sa bouche s'ouvrit sans qu'il fut capable d'émettre le moindre son. Il laissa tomber la fourrure sur le sol gelé en découvrant devant l'entrée du cockpit des Véraces aux visages figés. Leurs regards étaient inexpressifs et leurs corps, aux bras ballants, étaient recouverts d'une peau desséchée. Quelques lambeaux de tunique étaient collés sur leurs chairs putréfiées. Ferki était coincé contre le tableau de bord, sans pouvoir reculer, saisit par la peur. 
« Pitié ! » 
Les plaintes reprirent, et cette fois-ci, le centurilien identifia leurs provenances. C'étaient les longs cris déchirants des Véraces qu'il avait tués avec sa troupe sur l'aire atterrissage de Pan-Aium. Maintenant, ils étaient là, face à lui, implorant sa clémence tout en avançant le pas lent et les bras décharnés tendus dans sa direction. Le premier mort se mit à l'agripper de ses mains osseuses. Ferki se mit à hurler si fort que la glace qui recouvrait le tableau de bord craqua, traçant de longues fissures. Il sentait les doigts secs déchirer sa chemise, pour atteindre sa peau (...)

Extrait Livre III : Les Vaisseaux-Monde - Chapitre 3 : Une porte s'ouvre

Un royaume...

(...) Après avoir marché longtemps dans les hautes herbes de l’immense plaine baignée d’une sempiternelle lumière aveuglante, les marcheurs se retrouvèrent à la sortie d’un tournant inattendu, où d’énormes masses de pierres olivâtres scintillaient à l’horizon. Les boursouflures pierreuses apparurent plus nettement aux rescapés épuisés qui suivaient les mutants ravis de leur faire découvrir leur royaume. 
« Ici massif de Tiniem, bien disposé en étoile autour du Qar Cabgal qui culmine à deux mille points », annonça d’un ton assuré Robert de Conakrin, en tête de cortège. 
Puis le mutant entreprit de faire passer la petite troupe silencieuse par le bord de la falaise jusqu’à son village, quand un comité de Hurleurs se mit à froufrouter en passant au-dessus de leurs têtes. Les perspectives sur la falaise étaient à couper le souffle et les terres basses, en-bas dans la jungle, vertigineuses. Une dizaine de huttes apparurent enfin à la petite expédition. 
« Habitations construites par les mâles de tribu, mais ce sont femelles qui les entretiennent », expliqua Robert prenant un ton de plus en plus confiant, malgré son élocution difficile. 
Intrigué, Ferki Suarez s’approcha de Robert. Il regarda le mutant, et sans attendre son approbation, il lui fit un clin d’œil complice, puis partit examiner la hutte qui leur faisait face. La maison des mutants était une pièce circulaire avec une autre petite pièce à l’intérieur. Les poutres étaient prises dans des branches solides et très longues d’Arbogénos où il y avait deux branches à une certaine hauteur servant de coudes. Robert le rejoint bien vite, et entra dans la hutte en baissant la tête car la porte était trop basse pour sa carrure imposante. 
« Nos femelles les ont légèrement brûlées pour plus maniables, expliqua-t-il, solennel. Pendant que les branches sont chaudes, elles les écorcent et posent sur sol en mettant par-dessus grosses pierres pour les dresser plus droit possible, puis elles laisser deux symes pour elles sécher totalement », ajouta-t-il, en estimant de ses larges pattes les grosses poutres. 
Ferki, et les rescapés qui avait rejoint les deux compères, écoutaient Robert avec attention, n’ayant jamais rien vu de pareil.
« Nos femelles récoltent pendant saison pluies hautes herbes des plaines, connues pour résistance. Il ajouta, après avoir replacé sa mâchoire pendante et douloureuse, elles tellement résistantes que les autres créatures jungle ne les mangent pas ! Une fois herbes séchées, triées et débarrassées de leurs épines, nos femelles les tressent avec ficelles conçues de fibres d’écorce d’Arbogénos, dont certaines destinées à couvrir toit et côtés », expliqua-t-il, tel un Maître à ses Apprenants. (...)

Extrait Livre I : Les Lumières d'Abak - Chapitre 8 : Un appel aux étoiles

Des questions...

Quels mystères cachaient Abak et ses premiers habitants les Véraces ? Que protège vraiment les onze Vœux amendant les peuples de La Conjonction d'Onis ? Et d'où vient ce mystérieux voile de lumière qui a détruit la prestigieuse planète ?