Un royaume...

(...) Après avoir marché longtemps dans les hautes herbes de l’immense plaine baignée d’une sempiternelle lumière aveuglante, les marcheurs se retrouvèrent à la sortie d’un tournant inattendu, où d’énormes masses de pierres olivâtres scintillaient à l’horizon. Les boursouflures pierreuses apparurent plus nettement aux rescapés épuisés qui suivaient les mutants ravis de leur faire découvrir leur royaume. 
« Ici massif de Tiniem, bien disposé en étoile autour du Qar Cabgal qui culmine à deux mille points », annonça d’un ton assuré Robr Daven, en tête de cortège. 
Puis le mutant entreprit de faire passer la petite troupe silencieuse par le bord de la falaise jusqu’à son village, quand un comité de Hurleurs se mit à froufrouter en passant au-dessus de leurs têtes. Les perspectives sur la falaise étaient à couper le souffle et les terres basses, en-bas dans la jungle, vertigineuses. Une dizaine de huttes apparurent enfin à la petite expédition. 
« Habitations construites par les mâles de tribu, mais ce sont femelles qui les entretiennent », expliqua Robr prenant un ton de plus en plus confiant, malgré son élocution difficile. 
Intrigué, Amon Bumer s’approcha de Robr. Il regarda le mutant, et sans attendre son approbation, il lui fit un clin d’œil complice, puis partit examiner la hutte qui leur faisait face. La maison des mutants était une pièce circulaire avec une autre petite pièce à l’intérieur. Les poutres étaient prises dans des branches solides et très longues d’Arbogénos où il y avait deux branches à une certaine hauteur servant de coudes. Robr le rejoint bien vite, et entra dans la hutte en baissant la tête car la porte était trop basse pour sa carrure imposante. 
« Nos femelles les ont légèrement brûlées pour plus maniables, expliqua-t-il, solennel. Pendant que les branches sont chaudes, elles les écorcent et posent sur sol en mettant par-dessus grosses pierres pour les dresser plus droit possible, puis elles laisser deux symes pour elles sécher totalement », ajouta-t-il, en estimant de ses larges pattes les grosses poutres. 
Amon, et les rescapés qui avait rejoint les deux compères, écoutaient Robr avec attention, n’ayant jamais rien vu de pareil.
« Nos femelles récoltent pendant saison pluies hautes herbes des plaines, connues pour résistance. Il ajouta, après avoir replacé sa mâchoire pendante et douloureuse, elles tellement résistantes que les autres créatures jungle ne les mangent pas ! Une fois herbes séchées, triées et débarrassées de leurs épines, nos femelles les tressent avec ficelles conçues de fibres d’écorce d’Arbogénos, dont certaines destinées à couvrir toit et côtés », expliqua-t-il, tel un Maître à ses Apprenants. (...)

Extrait Livre I : Les Lumières d'Abak - Chapitre 8 : Un appel aux étoiles

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire