Joyaux et poussière

 (...) Nijiskane rampait dans les décombres, avalant la fine poussière des parois dévastées, soulevant des morceaux de fresques où de curieux visages la fixaient. Elle crut un instant reconnaître le regard clair de l’Étranger aux cheveux blancs gravé sur l’une des ornementations. En déplaçant des débris de mosaïques, elle toucha une main qui la saisit. Elle poussa un petit cri de surprise, espérant que cette main glacée ne soit pas celle de l'une de ces créatures hideuses et gémissantes qui erraient dans les couloirs. De toutes ses forces elle tira en reculant pour faire émerger le corps d’un amas de pierres mêlées à des débris d’or et de pierres précieuses. Lian était inerte. Elle se servit de son turban qui s’était recouvert de paillettes multicolores, et nettoya avec douceur le visage couvert de sang. Rassemblant ses dernières forces et rampant en arrière dans le passage qu’elle avait déjà emprunté, écartant les gravats de ses pieds nus, elle réussit à le sortir des décombres en le tenant toujours dans ses bras.  Elle vit l’Étranger aux cheveux blancs qui se tenait non loin de là, immobile sous la neige qui s’engouffrait par les plafonds fissurés. Il observait Nijiskane avec l’enfant dans les bras. Elle le vit s’avancer vers eux, enjambant les gravats et les morceaux de colonnes effondrées, ignorant les débris de toute sorte qui s’abattaient autour de lui. Elle tomba à genoux sans lâcher Lian et, pétrifiée, le regarda s’approcher en silence quand il s'assit à ses côtés. Il posa ses mains sur les siennes en souriant, et une douce chaleur se diffusa tout le long de son bras cassé. Il lui indiqua d’un geste le couloir devant eux, puis l’aida à se relever; L’enfant toujours dans ses bras, elle avança chancelante tandis que les débris cessaient de tomber et que les gravats au sol se transformaient en poussière sous ses pieds nus. Elle progressait vers l’entrée du dôme avec l’Étranger derrière elle et les derniers morts de Pan-Aium qui les suivaient, hagards. Plus aucun obstacle ne vint entraver son chemin.   

Extrait Livre III : Les Vaisseaux-Monde - Chapitre 7 : Le départ

Premiers pas sur Abak...

Par le biais de ce blog, je souhaite faire découvrir aux lecteurs en quête de nouvelles aventures, et avant tout aux éditeurs (restons logique) à la recherche de nouveaux auteurs fantastiques, dans tous les sens du terme, des extraits de mon manuscrit : Les Lumières d'Abak
Dans ce roman de science-fiction, les personnages, complexes et attachants, évoluent dans un monde érudit qui s'est égaré dans d'inlassables conquêtes. Ce monde formaté sombrera dans le chaos après la destruction mystérieuse de la très convoitée planète Abak. 
J'ai pris beaucoup de plaisir à créer cette épopée fantastique composée en trois parties, contenant 72006 mots et 508502 caractères. Les protagonistes, héros malgré eux, traîtres perfides ou créatures pathétiques et courageuses doivent se reconstruire pour comprendre un destin qui ne leur était pas dévolu.

Je ne souhaite pas dévoiler le synopsis complet sur ce blog.


Bonne lecture à vous !

Attention spoiler !

Centurilien :

Soldat qui a prêté allégeance à l'ordre Centurile. En général, les très jeunes centuriliens sont des Candides* âgés de dix cycles, et nés (ou adoptés) de soldats gradés, comme ce fut le cas pour Amon Bumer dont le père a été décoré de la médaille d’honneur de la Centurile lors de son départ à la retraite. Les centuriliens se distinguent par le tatouage qu'ils portent sur le torse représentant un V inversé au-dessus d'une tête de mort ou d'un animal. Ils portent une chaine avec une plaque dorée qu'ils gardent toujours autour du cou, où leur nom et grade y sont gravés. Leur imposante stature, leur crâne rasé et la couleur sombre de leur peau, mais aussi leur vœu de chasteté, les démarquent également des autres habitants de La Conjonction. Quand des centuriliens brisent leur serment à l'ordre Centurile, ils deviennent le plus souvent des mercenaires en contrat avec de riches particuliers. Durant sa nuit passionnée avec Njiskane, Amon Bumer rompit définitivement le pacte qui le retenait encore à son ancienne vie de soldat dévoué à La Conjonction d'Onis.


Un serment embarrassant...

(...) Il reconnut la mère de Lian, se rendant compte à ce moment précis qu’il ne lui avait jamais demandé son nom. Il se força à lui parler malgré l’épuisement : 
« Comment vous appelez-vous ? Il continua en prenant le bol, je ne vous connais pas, pourtant votre fils est si familier avec moi. » 
L’Abakienne se figea. 
« Pardonnez mon fils, dit-elle d’une voix tendue. Mais rassurez-vous, ce n’est pas moi qui le pousse à vous idolâtrer à ce point, vous n’êtes qu’un centurilien, après tout. » 
Elle déposa le bol dans les mains d’Amon qui se brûla avec les éclaboussures. Il prit le temps de placer le petit récipient sur le sol de mousse, et lui saisit ses douces mains froides.
« Je ne voulais pas vous vexer, dit-il embarrassé. Après quelques secondes d’hésitation, il ajouta, je suis brutal, pardonnez-moi. J'ai intégré l'ordre Centurile à mon dixième cycle, et accepté par cet acte de foi le serment de chasteté.» 
Il lâcha les mains glacées de l’Abakienne qui manqua tomber en arrière tant elle s’était raidie. Tous les deux, confus, se mirent à regarder le bol renversé. Les yeux d'Amon s'attardèrent ensuite sur le pan de la robe bleue d'Ombe qui était en partie déchirée, puis remarqua seulement à ce moment-là qu'elle était pieds nus.
« J’apprécie beaucoup Lian, et j’aurais aimé avoir le temps de mieux vous connaître tous les deux, déclara Amon la voix tremblante, quel est votre nom ? 
– Ombe De Gonos », annonça-t-elle d'un air triste en s’éloignant rapidement, une main agrippée sur la nuque de Lian qui protestait. Amon les regarda se diriger vers le feu, autant surpris par ce nom que par son désir inhabituel de vouloir lier connaissance. Troublé, il entreprit de défaire son attelle comme pour se donner une contenance. Quelques instants après, il entendit un léger craquement. (...)

Extrait Livre I : Abak - Chapitre 6 : Un cantique dans la verdure.

Un décret

Durant la Première Convention d'Onis au cours du cycle 267, un Vœu sur le clonage reproductif et la coopération en matière d'adoption interplanétaire a été voté par les Justes. Puis le décret n°40-117 portant publication de la Première Convention relative aux droits et devoirs des adoptants fut signé à Pan-Aium au cours de ce même cycle. Le voici :  

Toute pratique d'affinage de l'espèce onisienne ayant pour but l'organisation de la sélection des spécimens est autorisée. Est autorisée toute intervention tendant à faire naître un enfant génétiquement identique à un autre individu vivant. Sans préjudice des recherches prétendant à la prévention et au traitement des maladies, toute transformation peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance du spécimen. L'adoption clonée peut être demandée par des adultes de sexe différent ou du même sexe non séparés de corps, et âgés les uns et les autres de plus de vingt cycles.

A l'origine...

A l'origine du roman Les Lumières d'Abak, il y avait une nouvelle, puis une modeste bande-dessinée conçue quand j'étais adolescente : Josua Rigelli, la Fourmilière, dont voici deux planches...